Notre-Dame de Paris
Textes de l'acte 2 | |
| 1 - Florence 2 - Les Cloches 3 - Où est-elle ? 4 - Les oiseaux qu'on met en cage 5 - Condamné 6 - Le Procès 7 - La Torture 8 - Phoebus 9 - Etre prêtre et aimer une femme 10 - La Monture 11 - Je reviens vers toi 12 - Visite de Frollo à Esméralda |
13 - Un matin tu dansais 14 - Libérés 15 - Lune 16 - Je te laisse un sifflet 17 - Dieu que le monde est injuste 18 - Vivre 19 - L'Attaque de Notre-Dame 20 - Déportés 21 - Mon maître, mon sauveur 22 - Donnez-la moi 23 - Danse mon Esméralda |
|
Textes de l'acte 1 | |
Florence |
Frollo :
Parlez-moi de Florence
Et de la Renaissance
Parlez-moi de Bramante
Et de l'Enfer de Dante
Gringoire :
A Florence on raconte
Que le terre serait ronde
Et qu'il y aurait un autre
Continent en ce monde
Des bateaux sont partis déjà sur l'océan
Pour y chercher la porte de la route des Indes
Frollo :
Luther va réécrire le Nouveau Testament
Et nous sommes à l'aube d'un monde qui se scinde
Gringoire :
Un dénommé Gutenberg
A changé la face du monde
Frollo :
Sur les presse de Nuremberg
On imprime à chaque seconde
Gringoire :
Des poèmes sur du papier
Des discours et des pamphlets
Frollo et Gringoire :
Des nouvelles idées
Qui vont tout balayer
Gringoire :
Les petites choses toujours viennent à bout des grandes
Et la littérature tuera l'architecture
Frollo :
Les livres des écoles tueront les cathédrales
La Bible tuera l'Eglise et l'homme tuera Dieu
Ceci tuera cela
Frollo et Gringoire:
Des bateaux sont partis déjà sur l'océan
Pour y chercher la porte de la route des Indes
Luther va réécrire le Nouveau Testament
Et nous sommes à l'aube d'un monde qui se scinde
Ceci tuera cela
Ceci tuera cela
Gringoire :
Les cloches ne sonnent plus
La cathédrale s'est tue
Quasimodo est malheureux
Quasimodo est amoureux
Frollo :
Il fait la grève des cloches
Depuis déjà trois jours
Quasimodo est triste
Quasimodo est fou
Gringoire et Frollo :
Parce qu'il se meurt d'amour
Quasimodo :
Les cloches que je sonne
Sont mes amours, sont mes amantes
Je veux qu'elles claironnent,
Qu'elles tambourinent et qu'elles chantent
Qu'il grêle ou qu'il tonne
Ou qu'il pleuve ou qu'il vent
Je veux qu'elles résonnent
Dans la joie comme dans la tourmente
Celles qui sonnent quand on naît
Celles qui sonnent quand on meurt
Celles qui sonnent tous les jours toutes les nuits, toutes les heures
Celles qui sonnent quand on prie
Celles qui sonnent quand on pleure
Celles qui sonnent pour le peuple qui se lève de bonne heure
Pour le fête de Rameaux
Pour la Quasimodo
Pour le jour de Noël et le jour de la Toussaint
Pour l'Annonciation
Pour le Résurrection
Pour la St-Valentin et pour le Vendredi Saint
Pour les célébrations
Et pour les processions
La plus belle c'est qu'on appelle le Fête Dieu
Jour de l'an, jour des rois
Jour de Pâques, jour de joie
Jour de la Pentecôte avec ses langues de feu
Pour les confirmations
Et pour les communions
L'Angélus et le glas dies irae dies illa
La jour de l'Ascension
La jour de l'Assomption
Pour tous les hosannas et tous les alleluias
Mais celle que je préfère
Parmi toutes ces femmes de fer
Ce sont les trois Maries
Qui sont mes meilleures amies
Il y a la petite Marie
Pour les enfants qu'on met en terre
Il y a la grande Marie
Pour les marins qui partent en mer
Mais quand je sonne la grosse Marie
Pour les amants qui se marient
C'est pas que j'ai le cœur à rire
Je l'aurais plutôt à mourir
De les voir si joyeux
De les voir si heureux
Moi qu'aucune femme ne reagrdera jamais dans les yeux
De les voir convoler
De les voir s'envoler
Au milieu des étoiles sous la voûte des cieux
Toutes les cloches que je sonne
Kyrie Eleison
Hosanna alleluia dies irae dies illa
Toutes ces cloches de malheur
Toutes ces cloches de bonheur
Toutes ces cloches qui n'ont jamais encore sonné pour moi
Les cloches que je sonne
Sont mes amies sont mes amantes
Je veux qu'elles claironnent
Si Esméralda est vivante
Pour dire au monde que Quasimodo aime Esméralda
Où est-elle ?
Frollo :
Gringoire qu’as-tu fais de ta femme ?
Qu’on ne voit plus danser à notre-Dame
Gringoire :
Je n’en sais rien pour être honnête
Vous êtes prêtre et moi poète
Nous n’avons pas des femmes
La même religion, la même poésie
Frollo :
Où est-elle
Ton Esméralda
Les rues de Paris
Sont tristes sans elle
Gringoire :
Elle est seule
Dans une tourelle
Loin de ceux qui craignent
Qu’on les ensorcelle
Frollo :
Que veux-tu dire poète
Tu as la langue fourchue
Ne fais de pirouettes
Dis-moi si tu l’as vue
Clopin :
Où est-elle
Mon Esméralda
La Cour de Miracles
A perdu sa reine
Gringoire :
Elle ressemble
À une hirondelle
À qui on aurait
Coupé les deux ailes
Vous la trouverez
A la prison de « la Santé »
Si vous ne la sauvez
Elle sera condamnée
À être pendue
Clopin :
Ne m’en dites pas plus
Gringoire, Clopin et Frollo:
Où est-elle
Notre Esméralda ?
Les rues de Paris
Sont tristes sans elle
Elle ressemble
À une hirondelle
À qui on aurait
Coupé les deux ailes
Les oiseaux qu'on met en cage
Esméralda :
Les oiseaux qu’on met en cage
Peuvent-ils encore voler?
Les enfants que l’on outrage
Peuvent-ils encore aimer ?
J’étais comme une hirondelle
J’arrivais avec le printemps
je courrais par les ruelles
En chantant des chants gitans
Où es-tu sonneur de cloches
Où es-tu mon Quasimodo ?
Viens me sauver de la corde
Viens écarter mes barreaux
Quasimodo :
Où es-tu mon Esméralda
Où te caches-tu de moi ?
voilà au moins trois jours déjà
Qu’on ne te voit plus par là
Es-tu partie en voyage
Avec ton beau capitaine
Sans fiançailles, sans mariage
Comme à la mode païenne ?
Serais-tu morte peut-être
Sans prière et sans couronne ?
Ne laisse jamais un prêtre
S’approcher de ta personne
Esméralda :
Souviens-toi d’un jour de foire
Quasimodo :
Où l’on m’avait mis à la roue
Esméralda :
Quand je t’ai donné à boire
Quasimodo :
Je suis tombé à genoux
Quasimodo et Esméralda :
On est devenus ce jour-là
Amis à la vie à la mort
Il se passe entre toi et moi
Quelque chose de tell’ment fort
Les oiseaux qu’on met en cage
peuvent-ils encore voler ?
Les enfants que l’on outrage
Peuvent-ils encore aimer ?
Clopin et les Sans-papiers sont arrêtés et emprisonnés
Clopin :
Condamnés
Arrêtés
Accusés
Enfermés
Délogés
Expulsés
Exilés
Déportés
La couleur
De ma peau
Contre celle
De ta peau
La musique
Que tu chantes
Contre celle
Que je danse
La douleur
De l’exil
Dans les rues
De ta ville
Comment faire un monde
Où il n’y aurait plus
D’exclus ?
Comment faire un monde
Sans misère
Et sans frontières ?
Humiliés
Rejetés
Opprimés
Révoltés
Torturés
Écrasés
Décimés
Massacré
Ton pays
Que je porte
Dans mon cœur
Dans mon corps
Ton pays
Qui m’apporte
Le malheur
Et la mort
Ma chaleur
Du midi
Sous ton ciel
Toujours gris
Comment faire un monde
Sans misère
Et sans frontières
Comment faire un monde
Où il n’y aurait plus
D’exclus ?
Condamnés
Arrêtés
Accusés
Enfermés
Délogés
Expulsés
Exilés
Déportés
Condamnés
Condamnés
Le Procès
Frollo (en juge) :
Esméralda vous êtes accusée
D’avoir blessé le chef des archers
Esméralda :
S’il est blessé c’est qu’il est vivant
Oh ! laissez-moi le voir rien qu’un seul instant
Frollo :
Vous l’avez séduit et ensorcelé
D’un coup de couteau vous l’avez frappé
Esméralda :
Ce n’est pas moi, juré sur ma vie
Frollo :
Mais vous étiez seule avec lui dans ce lit
Esméralda :
C’est un prêtre infernal qui me poursuit
Il m’apparaît partout ans la nuit
Frollo :
Cette fille a des hallucinations
Qui sont le fruit de son imagination
Esméralda :
Il vous ressemble un peu Monsieur
Frollo :
Regardez le feu qu’elle a dans les yeux
Frollo et la foule :
C’est une sorcière, c’est une étrangère
C’est une bohémienne, c’est une païenne
Frollo :
Avouez-vous ce crime
Dont vous êtes accusée ?
Esméralda:
Moi je suis la victime
Je n’ai rien à avouer
Frollo (en juge) :
Qu'on la torture
Qu'on la mette à la question
Si elle endure
C'est qu'elle est dure d'opinion !
Mettez-lui son petit pied
Dans l'étau et puis serrez
Serrez !
Serrez !
Frollo :
Avouez-vous ?
Esméralda :
Je l'aime ! Je l'avoue
Frollo :
Déliez-lui les pieds et les mains
Esméralda :
Assassins ! Assassins !
Frollo :
Fille bohème, vous avez avoué tous vos faits de magie, de prostitution et harassement sur Phoebus de Châteaupers. Vous serez menée en chemise, pieds nus, la corde au cou en place de Grève où vous serez pendue au gibet de la ville.
Esméralda :
Phoebus
Si par bonheur il n'est pas mort
Dits-lui que je l'aime encore
Phoebus
Si tu m'entends viens me sauver
Viens leur crier la vérité
Phoebus
Dis-leur que je n'ai pas tué
Phoebus
Ce couteau que je possédais
Je l'ai posé sur le plancher
Phoebus
Cet homme en noir qui nous suivait
Sur toi je l'ai vu se pencher
Phoebus
De mon couteau il t'a frappé
Phoebus
Promets-moi que tu garderas
Le souvenir d'Esméralda
Phoebus
Celle qui dansait sur le parvis
Et qui t'avais donné sa vie
Phoebus
Oh ! viens m'emporter loin d'ici
Vers les montagnes d'Andalousie
Phoebus
Frollo :
J'étais un homme heureux avant de te connaître
j'avais refoulé tout au fond de mon être
Cette force du sexe étouffé dans mon adolescence
J'avais pour femme et pour maîtresse la religion et la science
Oh ! être prêtre et aimer une femme
L'aimer de toutes les fureurs de son âme !
Contre vents et marées j'étais inébranlable
Droit et fier comme une tour de cathédrale
Quand tu vins comme un ver me ronger par dedans
Et réveiller en moi le feu d'un vieux volcan
Oh ! être prêtre et aimer une femme
L'aimer de toutes les fureurs de son âme !
Je vivais loin des femmes, flagellé dans ma chair
Quand au cœur de la nuit, ce fut comme un éclair
Distrait de ma prière, j'ai ouvert ma fenêtre
Au jour qui se levait pour te voir apparaître
Oh ! être prêtre et aimer une femme
L'aimer, oui, l'aimer, de toutes les fureurs de son âme !
Oh ! être prêtre et aimer une femme
Caresse-moi d'une main torture-moi de l'autre
Fais-moi expier ma faute
L'enfer où tu iras, j'irai aussi
Et ce sera mon paradis
Oh ! être prêtre et aimer une femme
L'aimer, oui, l'aimer, de toutes les fureurs de son âme !
Oh ! être prêtre et aimer une femme
Une femme
Fleur-de-Lys (de loin, à Phoebus) :
Quand on te voit sur ta monture
Quelle allure et quelle stature
Un vrai modèle de droiture
Une force de la nature
Ou bien n'es-tu qu'une raclure
Un animal de luxure
Qui court à l'aventure ?
Y a-t-il un cœur sous ton armure ?
Le mien est pur comme l'azur
Laiss'moi panser tes blessures
Oublions cette mésaventure
Je t'aimerai si tu me jures
Je t'aimerai si tu me jures
Qu'on la pendra
La Zingara
Mes rêves de petite fille
Cousus de fil en aiguille
Je les ai jetés au loup
Détrompe-toi car je suis
Aussi blanche qu'une brebis
Qui se roule dans la boue
Tes mots d'amour sont des injures
Tes serments sont des parjures
Mon cœur déjà se fait plus dur
Je te mets au pied du mur
Délivre-moi de ma ceinture
Viens en moi petite ordure
Apprends-moi l'art de la luxure
Je t'aimerai si tu me jures
Je t'aimerai si tu me jures
Qu'on la pendra
La Zingara
Je t'aimerai si tu me jures
Je t'aimerai si tu me jures
Qu'on la pendra
L'Esméralda !
Qu'on la pendra
La Zingara
Phoebus :
J'étais ensorcelé
Dans ma tête dans mon corps
La bohémienne m'avait jeté un sort
J'étais déboussolé
J'avais perdu le nord
Dans ces méandre où j'ai frôlé la mort
L'homme qui te trompait
N'étais pas le même
Qu'aujourd'hui celui
Qui te dit « Je t'aime »
Je me sens guéri
Le cœur et l'esprit
Si tu veux de moi
Je reviens vers toi
J'étais ensorcelé
Dans me tête dans mon corps
La bohémienne ne voulait que mon or
J'étais déboussolé
J'avais perdu le nord
Mais aujourd'hui je reviens à bon port
J'étais ensorcelé
Dans ma tête dans mon corps
La bohémienne est condamnée à mort
J'étais déboussolé
J'avais perdu le nord
Au fond de moi c'est toi que j'aime encore
C'est toi que j'aime encore
C'est toi que j'aime encore
Visite de Frollo à Esméralda
Frollo :
Je suis prêtre et je viens te préparer à mourir
Esméralda :
J'ai froid, j'ai faim, laissez-moi sortir
Je n'ai rien fait contre personne
Frollo :
Écoute la cloche qui sonne
Il est cinq heures du matin
Bientôt s'ouvrira cette porte
Dans une heure tu seras morte...
Esméralda :
Dans une heure je serais bien !
Frollo :
On verra bien si tu danses
Encore devant la potence
Esméralda :
Qu'est ce que je vous ai fait
Pour que vous me haïssiez ?
Frollo :
Ce n'est pas de la haine
C'est que je t'aime !
Je t'aime
Esméralda :
Mais qu'est-ce que j'ai donc fait
Pour qu'ainsi vous m'aimiez
Moi pauvre gitane
Et vous curé de Notre-Dame
Frollo :
Un matin tu dansais
Sur la place au soleil
Et jamais je n'avais
Rien connu de pareil
Violemment un frisson
Envahit tout mon corps
Oh ! je m'en souviens encore
Depuis ce jour-là
Quand je vois ma face dans le glace
Je crois voir Lucifer
Apparaître à ma place
Esméralda :
Il viendra je l'attends
Mon Phoebus mon soleil
Il sera mon amant
Mon amour, ma merveille
Approche-toi assassin
Tu mourras de mes mains
Non tu ne me fais pas peur
Je mords comme un chien
Éloigne-toi oiseau de malheur
Frollo :
Je ne demandais rien qu'un instant de bonheur
Je te donne le choix
Avant le petit jour
C'est le gibet ou moi
Frollo et Esméralda :
C'est la mort ou l'amour
Frollo :
C'est la tombe ou mon lit
Frollo et Esméralda :
C'est la mort ou la vie
Frollo :
Tu n'as qu'à dire « oui »
Si je te sors d'ici
Je promets que je te rendrai
A tes frères les Gitans
A tes frères en Satan
Esméralda :
Vas-t-en !
Vas-t-en !
Vas-t-en !
Vas-t-en !
Frollo se jette sur Esméralda pour la violer. Quasimodo, qui avait suivi Frollo, libère les prisonniers. Clopin assomme Frollo et emmène Esméralda.
Quasimodo :
Libérés
Évadés
Échappés
Envolés
Je les ai
Libérés
Ils se sont
Évadés
| Quasimodo : Libérés Échappés Enflammés Insurgés Libérés Échappés Enflammés Insurgés |
Clopin : Évadés Envolés Embrasés Révoltés Évadés Envolés Embrasés Révoltés |
Quasimodo :
Ils étaient enfermés
Moi j'ai ouvert a cage
Ils se sont échappés
Et ils ont pris le large
| Quasimodo : Libérés Échappés Enflammés Insurgés Libérés Échappés Enflammés Insurgés |
Clopin : Évadés Envolés Embrasés Révoltés Évadés Envolés Embrasés Révoltés |
Gringoire : Ils demandent le droit d'asile Donnez leur le droit d'asile |
Esméralda :
Libérés
Évadés
Échappés
Envolés
| Quasimodo : Libérés Échappés Enflammés Insurgés |
Clopin : Évadés Envolés Embrasés Révoltés |
Gringoire : Donnez- leur le droit d'asile |
Quasimodo, Clopin, Gringoire, Esméralda:
Libérés
Libérés
Libérés
Gringoire :
Lune
Qui là-haut s'allume
Sur
Les toits de Paris
Vois
Comme un homme
Peut souffrir d'amour
Bel
Astre solitaire
Qui meurt
Quand revient le jour
Entends
Monter vers toi
La chant de la terre
Entends le cri
D'un homme qui a mal
Pour qui
Un million d'étoiles
Ne valent
Pas les yeux de celle
Qu'il aime
D'un amour mortel
Lune
Lune
Qui là-haut s'embrume
Avant
Que le jour ne vienne
Entends
Rugir le cœur
De la bête humaine
C'est la complainte
De Quasimodo
Qui pleure
Sa détresse folle
Sa voix
Par monts et par vaux
S'envole
Pour arriver jusqu'à toi
Lune
Veille
Sur ce monde étrange
Qui mêle
Sa voix au choeur des anges
Lune
Qui là-haut s'allume
Pour
Éclairer ma plume
Vois
Comme un homme
peut souffrir d'amour
D'amour
Quasimodo (à Esméralda) :
Je te laisse un sifflet
Pour pouvoir m'appeler
Le jour tu resteras ici
Mais tu pourras te promener la nuit
Sur les toits de la cathédrale
Sous les étoiles
Tu ne m'écoute pas
Tu dors déjà
Le monde est si méchant dehors
Que tu es belle quand tu dors
Dans ton sommeil
Esméralda
Est-ce que tu rêves à ton soleil ?
Dieu que le monde est injuste |
Quasimodo :
Dieu que le monde est injuste
Lui si beau et moi si lais
Je te donnerais la lune
Tu ne voudrais pas m'aimer
Et lui sans faire un seul geste
Sans un mot sans un regard
Il a mis de la tendresse
Au fond de tes grands yeux noirs
Tu lui donneras ton corps
Tu croiras à ses serments
Tu l'aimes pour le dehors
Sans voir ce qu'il y a dedans
Dieu que le monde est injuste
Lui seigneur et moi vaurien
Il te donnera la lune
Toi qui ne demandais rien
Dieu que le monde est injuste
Aime ton beau cavalier
Le satin de ta peau brune
N'est pas pour les va-nu-pieds
Ma laideur est une insulte
A ta beauté insolente
Une erreur de la nature
Qui ne me fut pas aimante
Dieu que le monde est injuste
Notre lot n'est pas le leur
Nous n'avons pas de fortune
Mais eux, ont-ils donc un cœur ?
Ils sont nés dans la dentelle
Pour faire l'amour et la guerre
Mais nous pauvres vers de terre
Notre vie est bien plus belle
Et de quel côté est Dieu
Du côté des ostensoirs
Ou bien du côté de ceux
Qui le prient matin et soir
Ce Jésus que l'on adore
A t-il toujours préféré
Les Rois Mages avec leur or
A nous autres pauvres bergers
Dieu que la vie est cruelle
Pour deux cœurs qui se cherchaient
Moi si laid et toi si belle
Comment pourrais-tu m'aimer
Esméralda :
La nuit est si belle
Et je suis seule
Je n'ai pas envie de mourir
Je veux encore chanter
Danser et rire
Je ne veux pas mourir
Mourir
Avant d'avoir aimé
Vivre
Pour celui qu'on aime
Aimer
Plus que l'amour même
Donner
Sans rien attendre en retour
Libre
De choisir sa vie
Sans un anathème
Sans interdit
Libre
Sans dieu ni patrie
Avec pour seul baptême
Celui de l'eau de pluie
Vivre
Pour celui qu'on aime
Aimer
Plus que l'amour même
Donner
Sans rien attendre en retour
Ces deux mondes qui nous séparent
Un jour seront-ils réunis
Oh ! je voudrais tellement y croire
Même s'il me faut donner ma vie
Donner ma vie
Pour changer l'histoire
Vivre
Pour celui qu'on aime
Aimer
Plus que l'amour même
Donner
Sans rien attendre en retour
Aimer
Comme la nuit aime le jour
Aimer
Jusqu'à en mourir d'amour
Jusqu'à en mourir d'amour
L'attaque de Notre-Dame
Les sans-papiers occupent Notre-Dame. Sur les ordres de Frollo, Phoebus et ses soldats passent à l'attaque.
| Clopin et les Sans-papiers : Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! Asile ! |
Frollo : Soldats du roi je vous exhorte A franchir cette porte En votre âme et conscience Au nom de la décence Je vous donne le droit D'enfreindre le droit D'asile ! |
|
Phoebus : |
|
Phoebus et ses soldats : A bas ! Ces sans-papiers A bas ! Ces va-nu pieds A bas ! A bas ! A bas ! |
Clopin : Nous sommes Des étrangers Des sans-papiers des hommes Et des femmes Sans domicile Oh ! Notre-Dame Et nous te demandons Asile ! Asile ! Nous sommes Nous sommes |
Clopin :
Esméralda je meurs
Oh ! ma petite sœur
Au nom de tous tes frères
Écoute ma prière
Ici tu as grandi
Ici c'est ton pays
Clame-le à grands cris
Pour moi Esméralda
Après la mort de Clopin, Esméralda affronte Phoebus en reprenant le chant des Sans-papiers
Esméralda et les Sans-papiers :
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
| Esméralda et les Sans-papiers : Nous sommes Des étrangers Des sans-papiers Des hommes Et des femmes Sans domicile Nous sommes Nous sommes Nous sommes |
Gringoire : Ils sont bien plus de mille Aux portes de la ville
Le monde va changer
|
Phoebus et ses soldats : A bas ! Ces sans-papiers A bas !
|
Frollo livre Esméralda à Phoebus.
Phoebus :
Au nom du roi
Ordre est ici rendu
Par la Cour de Paris
Fille Esméralda
Vous serez pendue
Pour cause de sorcellerie
Quant à vous
Sans-papiers
Vous serez
Expulsés
Exilés
Déportés
Phoebus et les Sans-papiers
Expulsés
Exilés
Déportés
Expulsés
Exilés
Déportés
Expulsés
Exilés
Déportés
Mon maître, mon sauveur
Quasimodo cherche Esméralda dans tous les recoins de la façade de Notre-Dame et trouve Frollo regardant la pendaison d'Esméralda du haut d'une tour. Il semble devenu fou.
Quasimodo :
Frollo !
Mon maître, mon sauveur
Toi prêtre du Seigneur
Tu avais donc un cœur
Frollo :
Un cœur...
Quasimodo :
Un cœur qui peut aimer
Frollo :
Un cœur qui peut pleurer
Quasimodo :
Un cœur qui peut saigner
Frollo :
Un cœur qui peut tuer
Regarde-là
Ta belle Esméralda
Rappelle-toi Quasimodo
Celle qui dansait sur son tréteau
C'est moi qui l'ai livrée à son bourreau
Parce qu'elle n'a pas voulu de moi !
Quasimodo :
Tu as fait ça, toi !
Frollo :
Elle mourra comme un Jésus en croix
Regarde là-bas
Le gibet l'attend sur la place de Grève
Ton Esméralda
C'est elle que l'on pend dans le jour qui se lève
Ha ha ha ha...
Esméralda est pendue.
Quasimodo :
Frollo !
Quasimodo jette Frollo du haut de la tour.
Quasimodo se fait donner par le bourreau le corps d'Esméralda pendue.
Quasimodo :
Donnez-la-moi
Rendez-la-moi
Laissez-la-moi
Elle est à moi
Mon Esméralda
Ne t'en va pas
Reste avec moi
Quasimodo s'avance avec Esméralda dans ses bras. Esméralda par terre, s'agenouillant devant elle.
Quasimodo :
Quand les années auront passé
On retrouvera sous terre
Nos squelettes enlacés
Pour dire à l'univers
Combien Quasimodo aimait
Esméralda la zingara
Lui qui Dieu avait fait si laid
Pour l'aider à porter sa croix
pour l'aider à porter sa croix
Mangez mon corps, buvez mon sang
Vautours de Montfaucon
Que la mort au-delà du temps
Unisse nos deux noms
Laissez mon âme s'envoler
Loin des misères de la terre
Laisser mon amour se mêler
A la lumière de l'Univers
A la lumière de l'Univers
Danse mon Esméralda
Chante mon Esméralda
Danse encore un peu pour moi
Je te désire à en mourir
Dans mon Esméralda
Chante mon Esméralda
Laisse moi partir avec toi
Mourir pour oit n'est pas mourir
Danse mon Esméralda
Chante mon Esméralda
Viens t'endormir dans mes bras
Je te désire à en mourir
Danse mon Esméralda
Chante mon Esméralda
Au delà de l'au-delà
Mourir pour toi n'est pas mourir
Danse mon Esméralda
Chante mon Esméralda
Laisse-moi partir avec toi
Mourir pour toi n'est pas mourir
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