Notre-Dame de Paris

Gringoire :
C'est une histoire qui a pour lieu
Paris la belle en l'an de Dieu
Mil-quatre-cent-quatre-vingt-deux
Histoire d'amour et de désir
Nous les artistes anonymes
De la sculpture ou de la rime
Tenterons de vous la transcrire
Pour les siècles à venir
Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L'homme a voulu monter vers les étoiles
Ecrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre
Pierre après pierre, jour après jour
De siècle en siècle avec amour
Il a vu s'élever les tours
Qu'il avait bâties de ses mains
Les poètes et les troubadours
Ont chanté des chansons d'amour
Qui promettaient au genre humain
De meilleurs lendemains
Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L'homme a voulu monter vers les étoiles
Ecrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre
Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L'homme a voulu monter vers les étoiles
Ecrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre
Il est foutu le temps des cathédrales
La foule des barbares
Est aux portes de la ville
Laissez entrer ces païens, ces vandales
La fin de ce monde
Est prévue pour l'an deux mille
Est prévue pour l'an deux mille
1er tableau
Les Sans-Papiers
Clopin et les sans papiers :
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
et des femmes
Sans domicile
Oh ! Notre-Dame
Et nous te demandons
Asile ! Asile !
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Oh ! Notre-Dame
Et nous te demandons
Asile ! Asile !
Nous sommes plus de mille
Aux portes de la ville
Et bientôt nous serons
Dix mille et puis cent mille
Nous serons des millions
Qui te demanderont
Asile !
Asile !
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Oh ! Notre-Dame
Et nous te demandons
Asile ! Asile !
Nous sommes des va-nu-pieds
Aux portes de la ville
Et le ville est dans l'île
Dans l'île de la Cité
Le monde va changer
Et va se mélanger
Et nous irons jouer
Dans l'île
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Des sans-papiers
Sans domicile
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Nous sommes
Des étrangers
Des sans-papiers
Des hommes
Et des femmes
Sans domicile
Oh ! Notre-Dame
Et nous te demandons
Asile ! Asile ! Asile ! Asile !
Intervention de Frollo
Frollo :
Monsieur Phœebus de Châteaupers
Capitaine des archers du roi
Je vous ordonne de faire taire
La voix de cette Esméralda
Il faut à tout prix empêcher
Cette cohorte d'étrangers
De venir troubler la vie
Du bon peuple de Paris
Phœebus :
A vos ordres Monseigneur l'Archidiacre
Au nom de Dieu j'irai jusqu'au massacre
Je vais chasser de votre vue
Tous ces vauriens, tous ces tout-nus
Les soldats de Phœebus chassent les sans-papiers au milieu desquels se trouve Esméralda... Phœebus s'attarde auprès d'elle.
Bohémienne
Phœebus :
D'où viens-tu belle étrangère
Fille du ciel ou de la terre
Bel oiseau de paradis
Que viens-tu faire pas ici ?
Esméralda :
Bohémienne
Nul ne sait le pays d'où je viens
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne, bohémienne
Qui peut dire où je serai demain
Bohémienne, bohémienne
c'est écrit dans les lignes de ma main
Ma mère me parlait de l'Espagne
Comme si c'était son pays
Et des brigands dans les montagnes
Dans les montagnes d'Andalousie
Dans les montagnes d'Andalousie
Je n'ai plus ni père ni mère
J'ai fait de Paris mon pays
Mais quand j'imagine la mer
Elle m'emmène loin d'ici
Vers les montagnes d'Andalousie
Bohémienne
Nul ne sait le pays d'où je viens
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne, bohémienne
Qui peut dire qui j'aimerai demain
Bohémienne, bohémienne
C'est écrit dans les lignes de ma main
J'ai passé toute mon enfance
Pieds nus sur les monts de Provence
Pour les gitans la route est longue
La route est longue
Je continuerai mon errance
Au-delà des chemins de France
Je les suivrai au bout du monde
Au bout du monde
Un fleuve d'Andalousie
Coule dans mon sang
Coule dans mes veines
Le ciel d'Andalousie
Vaut-il la peine
Qu'on y revienne
Bohémienne
Nul ne sait le pays d'où je viens
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne, bohémienne
Qui peut dire ce que sera demain
Bohémienne, bohémienne
C'est écrit dans les lignes de ma main
C'est écrit dans les lignes de ma main
Esméralda tu sais
Clopin :
Esméralda tu sais
Tu n'es plus une enfant
Il m'arrive maintenant
De te regarder différemment
Tu n'avais pas huit ans
Quand ta mère est partie
Emportée par la mort
Vers son Andalousie
Ell't'a confiée à moi
Et avec jalousie
J'ai veillé sur ta vie
Jusqu'au jour d'aujourd'hui
Esméralda tu sais
Les hommes sont méchants
Prend garde quand tu cours
Dans les rues, dans les champs
Est-ce que tu me comprends ?
Tu arrives maintenant
A l'âge de l'amour
Rien n'est plus comme avant
Phœebus revient vers Fleur-de-Lys.
Fleur-de-Lys :
Mes quatorze printemps
Sont à toi
Ce collier de diamants
Est pour moi
Les mots de tes serments
Si tu mens
Je n'y croirai pas
Phœebus :
Ton cœur de jouvencelle
Est à moi
Tes yeux de tourterelle
Sont pour moi
Les étoiles étincelles
Dans le ciel
Moins que ces diamants-là
Fleur-de-Lys :
Celui que mon cœur aime
Est un beau chevalier
Qui ne sait pas lui-même
Combien je peux l'aimer
Phœebus :
Si je ne le sais pas
Je le vois dans tes yeux
Celui qui t'aimera
Sera un homme heureux
Fleur-de-Lys : Ne cherches plus l'amour
Il est là pour toujours
Ce sera un beau Que le jour Où l'on se mariera |
Phœebus :
Il est là
Je le crois |
Phœebus :
Tout l'or qui dort encore
Sous le lit de la terre
J'en couvrirai ton corps
Que tu m'auras offert
Fleur-De-Lys :
Tous les mots de l'amour
Tous les mots du désir
Mieux que les troubadours
Tu sauras me les dires
Phœebus : Ne cherches plus l'amour
Il est là pour toujours
Ce sera un beau Que le jour Où l'on se mariera |
Fleur-de-Lys :
Il est là
Je le crois |
Phoebus et Fleur-de-Lys :
Ne cherche plus l'amour
Il est là
Il est là pour toujours
Je le crois
Ce sera un beau jour
Que le jour
Où l'on se mariera
Ce sera un beau jour
Que le jour
Où l'on se mariera
Où l'on se mariera
2e tableau
La Fête des Fous
Gringoire et la foule :
La fête des fous !
La fête des fous !
La fête des fous !
La fête des fous !
Laissez-moi présider
Cette fête des fous
Comme on en fait chez nous
Où l'on sait s'amuser
La fête des fous !
La fête des fous !
Choisissez le plus laid
Parmi les gens qui passent
Faites-les parader
Au milieu de la place
De toute la populace
Celui qui nous fera
La plus belle grimace
C'est lui qu'on élira
Le Pape des fous !
Le Pape des fous !
C'est lui qu'on élire
C'est lui qu'on élira
Le Pape des fous
La...
Fête...
Des...
Fous...
La fête des fous
La fête des fous
La fête des fous
La fête des fous
La fête des fous
La fête des fous
Mais qui est celui-là
Qui se cache là-bas ?
Ce monstre n'est-il pas
Celui qu'on élira ?
Le Pape des fous !
Le Pape des fous !
C'est lui qu'on élira
C'est lui qu'on élira
Le Pape des fous
C'est le sonneur de cloches
Avec sa bosse au dos
C'est bien lui le plus moche
C'est le Quasimodo
Voilà qu'en plus il lorgne
La pauvre Esméralda
Bossu, boiteux et borgne
C'est lui qu'on élira
Le Pape des fous !
Le Pape des fous !
C'est lui qu'on élira
C'est lui qu'on élira
Qua-si-mo-do !
C'est lui qu'on élira
C'est lui qu'on élira
Le Pape des Fous !
C'est lui qu'on élira
C'est lui qu'on élira
Qua-si-mo-do !
Le Pape des Fous !
Le Pape des Fous
Quasimodo :
Petites filles
Vous ne vous moquerez plus
Quand vous verrez dans la rue
Quasimodo le bossu
Ils m'ont élu
Le Pape des Fous
C'est aujourd'hui le jour de la fête des Rois
Et pour un jour cela me donne tous les droits
M'aimeras-tu
Esméralda ?
M'aimeras-tu ?
Mais tu t'en fous
Esméralda
Oh ! tu t'en fous
Qu'ils m'aient élu
Le Pape des Fous
Petites filles
Qui récitez des rondeaux
En mimant Quasimodo
Avec sa bosse au dos
Qu'est-ce que ça vous fait
Que je sois si laid ?
je hais la femme et l'homme qui m'ont donné le jour
Et m'ont abandonné sans donner d'amour
M'aimeras-tu
Esméralda ?
M'aireras-tu ?
Mais tu t'en fous
Esméralda
Oh ! tu t'en fous
Qu'ils m'aient élu
Le Pape des Fous
Le Pape des Fous
Le Pape des Fous
Le Pape des Fous
Frollo s'avance vers Quasimodo et lui arrache sa tiare.
La Sorcière
Frollo :
Attention !
Cett' fille est étrangère
C'est une bohémienne
Une sorcière
C'est une chienne
Une chatte de gouttières
Un animal qui traîne
Pieds nus sur les pavés
C'est un péché mortel à regarder
Il faudrait la mettre en cage
Qu'elle ne fasse plus de ravages
Dans les cœurs des les âmes
Des fidèles de Notre-Dame
Ce soir nous la suivrons dans les ruelles
Et nous l'enlèverons
Nous l'emporterons
Nous l'emprisonnerons dans une tourelle
Et nous lui montrerons
La religion de Jésus-Christ
Et de sa sainte Mère Marie
Quasimodo :
Tu me demanderais
N'importe quoi
Je le ferais pour toi
Tout ce que tu voudras
Tu le sais
Tout ce que tu voudras
Je le ferais pour toi
Je le ferais pour toi
L'Enfant trouvé
Quasimodo :
Toi qui m'as recueilli
Adopté et nourri
Moi l'enfant trouvé
L'enfant rejeté
Par ceux qui avaient honte
D'avoir mis au monde
Un monstre
Toi qui m'as vu grandir
Toi qui m'as vu souffrir
Toi qui m'as protégé
Contre le monde entier
Tu m'as fait le bonheur
De me nommer sonneur
Des cloches
Tu m'as appris à parler
A lire et à écrire
Mais je ne sais pas lire
Le fond de tes pensées
Je t'appartiens
De tout mon être
Comme jamais un chien
N'a aimé son maître
Je t'appartiens
De tout mon être
Comme jamais un chien
N'a aimé son maître
3e tableau
Les Portes de Paris
Gringoire :
Les portes de Paris
Déjà se ferment sur la nuit
Le nuit de tous les cris
De tous les rires
Et de tous les désirs
La nuit de tous les vices
Qui s'assouvissent
Dans le lit de Paris
Cabaret de tous les délires
Sur le Pont-au-Change
Ce soir j'ai rencontré un ange
Qui m'a souri
Et qui loin de ma vue a disparu
Dans les rues de Paris
Je l'ai suivie, je l'ai perdue
J'ai poursuivi la nuit
De tous les ries
Et de tous les désirs
La nuit de tous les vices
Qui s'assouvissent
Dans le lit de Paris
Cabaret de tous les délires
Les portes de Paris
Déjà se ferment sur la nuit
La nuit de tous les crimes
De tous les rires
Et de tous les désirs
Frollo et Quasimodo suivent Esméralda dans les ruelles. Mais Phœebus fait le guet. Esméralda marche dans la nuit en fredonnant. Quasimodo tente d'enlever Esméralda. Phœebus et ses gardes interviennent. Frollo se sauve. Les gardes arrêtent Quasimodo. Phœebus s'empare d'Esméralda.
Tentative d'enlèvement
Phœebus à ses soldats :
Arrêtez-le
C'est le bossu de Notre-Dame
Pauvre de lui !
Le voilà qui s'attaque aux femmes
Phœebus (à Esméralda) :
Je suis le capitaine
Chargé de la sécurité
De tous les citoyens
Et de toutes les citoyennes
Permettez que je vous ramène
Hors des murs de la Cité
Où vivent les bohémiens
Où vivent les bohémiennes
Esméralda :
Passez tout droit
Vous vous trompez sur moi je crois
Esméralda,
Monsieur, n'est pas fille à soldats
Phœebus :
Entre chien et loup
Demain à la tombée du jour
Je te donne rendez-vous
Au Cabaret du Val d'Amour
Esméralda :
Au Cabaret du Val d'Amour
Esméralda s'enfuit.
La cour des miracles
Clopin et le chœeur des Exclus:
Ici on est tous des frères
Dans la joie dans la misère
Vous ne trouverez chez nous ni le Ciel ni l'Enfer
Ni le Ciel ni l'Enfer
Nous sommes comme des vers
Comme des vers dans le ventre de la terre
La sang et le vin ont la même couleur
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Les filles de joie dansent avec les voleurs
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Mendiants et brigands dansent la même danse
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous des gibiers de potence
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Nous sommes de la même race
La race des gens qui passent
Vous ne trouverez chez nous ni religion ni nation
Ni religion ni nation
Nos oripeaux pour drapeaux
La couleur de ma peau contre celle de ta peau
Truands et Gitans chantent la même chanson
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous évadés de prison
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Voleurs et tueurs boivent au même calice
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous repris de justice
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Poète Gringoire
Vous serez pendu
Pour avoir
Comme un intrus
Pénétré le Cénacle
De la Cour des miracles
Pénétré le Cénacle
Pénétré le Cénacle
De la Cour des miracles
À moins qu'une femme
Ne vous prenne pour époux
Garde à vous
Je le proclame
Les poètes en France
Sont bons pour le potence
Les poètes en France
Les poètes en France
Sont bons pour la potence
Les trois premières femmes à qui Clopin propose Gringoire disent "non". Arrive Esméralda...
Et toi le belle que voilà
Ma belle Esméralda
Veux-tu prendre pour époux
Ce poète de quatre sous ?
Ce poète de quatre sous ?
Esméralda :
S'il est a prendre je le prends
Clopin :
Je te le donne pour mari, mais certes pas pour amant
Le sang et le vin ont la même couleur
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Les filles de joie dansent avec les voleurs
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Mendiants et brigands dansent la même danse
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous des gibiers de potence
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Truands et Gitans chantent la même chanson
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous évadés de prison
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Voleurs et tueurs boivent au même calice
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
Puisque nous sommes tous des repris de justice
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
À la Cour des miracles
4e tableau
Le Mot Phœebus
Esméralda :
Maintenant pourrais-je savoir
Qui j'ai l'honneur d'avoir pour mari
Gringoire :
Je suis le poète Gringoire
Je suis prince des rues de Paris !
Esméralda :
Il est le prince des rues de Paris !
Gringoire :
Je ne suis pas un homme à femme
si tu veux je ferai de toi
Mon égérie, ma muse, ma Dame
Esméralda :
Toi qui sais lire et écrire
Toi le poète peux-tu me dire
Ce que veut dire Phœebus
Gringoire :
Par Jupiter
Qui donc sur terre
Ose porter un nom pareil ?
Esméralda :
C'est celui pour qui mon cœur bat
Gringoire :
Si je m'souviens
De mon latin
Le mot Phœebus veut dire soleil
Esméralda :
Phœebus veut dire soleil
Beau comme le soleil
Esméralda :
Il est beau comme le soleil
Est-ce un prince un fils de roi
Je sens l'amour qui s'éveille
Au fond de moi
Plus fort que moi
Il est beau comme le soleil
C'est un prince, un fils de roi
De roi... je crois
Fleur-de-Lys (en apparté) :
Il est beau comme le soleil
C'est un voyou, un soldat
Quand il me serre contre lui
Je voudrais fuir mais je ne puis
Il est beau comme le soleil
C'est un voyou, un soldat
Soldat... du roi
Esméralda et Fleur-de-Lys :
Il est beau comme le soleil
Ma merveille, mon homme à moi
Il me prendra dans ses bras
Et pour la vie, il m'aimera
Il est beau comme le soleil
Ma merveilles, mon homme à moi
Il est beau comme le soleil
Beau comme le soleil
Déchiré
Phœebus :
Déchiré
Je suis un homme partagé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Faut-il que je me coupe le cœeur en deux ?
Déchiré
Je suis un homme dédoublé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Est-ce ma faute si je suis un homme heureux ?
L'une pour le jour
Et l'autre pour la nuit
L'une pour l'amour
Et l'autre pour la vie
L'une pour toujours
Jusqu'à la fin des temps
Et l'autre pour un temps
Un peu plus court
Déchiré
Je suis un homme partagé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Mais ce n'est pas à moi qu'ça fait du mal
Déchiré
Je suis un homme dédoublé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Est-ce ma faute si je suis un homme normal ?
L'une pour le ciel
Et l'autre pour l'enfer
L'une pour le miel
Et l'autre pour l'amer
L'une à laquelle
J'ai fait tous les serments
et l'autre avec laquelle
Je les démens
Déchiré
Je suis un homme partagé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Faut-il que je me coupe le cœeur en deux ?
Déchiré
Je suis un homme dédoublé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Est-ce ma faute si je suis un homme heureux ?
Déchiré
Je suis un homme partagé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Faut-il que je me coupe le cœeur en deux ?
Déchiré
Je suis un homme dédoublé
Déchiré
Entre deux femmes que j'aime
Entre deux femmes qui m'aiment
Est-ce ma faute si je suis un homme heureux ?
Anarkia
Frollo :
Qui est cette fille
Qui vient danser
Ses danses infâmes
Devant Notre-Dame
Gringoire :
Cette fille est ma femme
Elle m'a été donnée
Par le roi des gitans
Frollo :
L'avez-vous touchée
Vassal de Satan ?
Gringoire :
Je n'me s'rais pas permis
Frollo :
Je vous l'interdis
Gringoire :
Je voudrais vous montrer
Une inscription gravée
Sur une pierre au-delà
De la galerie des Rois
Dîtes-moi ce qui veut dire
Ce mot « Anarkia »
Frollo :
Tu es un possédé
Le grec « Anarkia »
Veut dire « Fatalité »
Gringoire :
N'est-ce pas Quasimodo
Qu'on amène là-bas
Frollo :
Il s'est fait arrêter l'idiot
Allez savoir pourquoi !
Quasimodo est soumis au supplice de la roue.
Frollo et la foule :
Bossu ! boiteux ! borgne ! violeur !
Sonneur de cloches de malheur
Frollo :
Priez pour lui, pauvre pécheur
Ayez pitié de lui Seigneur
À Boire !
Quasimodo :
Pitié pour le pauvre Quasimodo
Qui porte déjà sur son dos
Tous les malheurs du monde
Et qui ne vous demande
Qu'une goutte d'eau
Pitié badauds
Pour votre bedeau
Une goutte d'eau
Pour Quasimodo
À boire !
Donnez-moi à boire !
À boire ! À boire !
Donnez-moi à boire !
Quasimodo voit s'écarter la populace. Esméralda s'avance pour lui donner à boire.
Quasimodo :
Belle
C'est un mot qu'on dirait inventé pour elle
Quand elle danse et qu'elle met son corps à jour, tel
Un oiseau qui étend ses ailes pour s'envoler
Alors je sens l'enfer s'ouvrir sous mes pieds
J'ai posé mes yeux sous sa robe de gitane
A quoi me sert encore de prier Notre-Dame
Quel
Est celui qui lui jettera la première pierre
Celui-là ne mérite pas d'être sur terre
O Lucifer !
Oh ! Laisse-moi rien qu'une fois
Glisser mes doigts dans les cheveux d'Esméralda
Frollo :
Belle
Est-ce le diable qui s'est incarné en elle
Pour détourner mes yeux du Dieu éternel
Qui a mis dans mon être ce désir charnel
Pour m'empêcher de regarder vers le Ciel
Elle porte en elle le pêché originel
La désirer fait-il de moi un criminel
Celle
Qu'on prenait pour une fille de joie une fille de rien
Semble soudain porter la croix du genre humain
O Notre-Dame !
Oh ! laisse-moi rien qu'une fois
Pousser la porte du jardin d'Esméralda
Phœebus :
Belle
Malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcellent
La demoiselle serait-elle encore pucelle ?
Quand ses mouvements me font voir monts et merveilles
Sous son jupon aux couleurs de l'arc-en-ciel
Ma dulcinée laissez-moi vous être infidèle
Avant de vous avoir mené jusqu'à l'autel
Quel
Est l'homme qui détournerait son regard d'elle
Sous peine d'être changé en statue de sel
O Fleur-de-Lys,
Je ne suis pas homme de foi
J'irai cueillir la fleur d'amour d'Esméralda
Quasimodo, Frollo et Phœebus :
J'ai posé mes yeux sous sa robe de gitane
A quoi me sert encore de prier Notre-Dame
Quel
Est celui qui lui jettera la première pierre
Celui-là ne mérite pas d'être sur terre
O Lucifer !
Oh ! laisse-moi rien qu'une fois
Glisser mes doigts dans les cheveux d'Esméralda
Esméralda
6e tableau
Quasimodo prend Esméralda par la main et l'amène vers la Cathédrale.
Ma maison, c'est ta maison
Quasimodo :
Mes amies les gargouilles qui veillent sur toi
te protègeront de tous les imbéciles
Quand tu auras besoin d'un abri
tu n'auras qu'à venir demander asile
Notre-Dame de Paris
C'est ma maison, mon nid
C'est ma ville, c'est ma vie
Mon air, mon toit, mon lit
C'est ma chanson, mon cri
Ma raison, ma folie
Ma passion, mon pays
Ma prison, ma patrie
Esméralda :
Tes amies les gargouilles sont aussi mes amies
C'est elles qui me font rire le jour quand je m'ennuie
Et toi tu leur ressembles et tu me plais pour ça
Même si j'ai peur de toi toujours quand je te vois
Quasimodo :
Dans ma maison à moi
Il y fait toujours beau
L'hiver il fait moins froid
L'été il fait moins chaud
Tu viendras quand tu veux
Quelle que soit la saison
Ma maison si tu veux
Ce sera ta maison
Quand tu auras besoin d'un abri
Tu n'auras qu'à venir demander asile
| Quasimodo : |
Esméralda : |
Dans ma maison à moi Il y fait toujours beau L'hiver il fait moins froid L'été il fait moins chaud
Tu viendras quand tu veux Quelle que soit la saison Ma maison si tu veux Ce sera ta maison |
Dans ta maison à toi Il y fait toujours beau L'hiver il fait moins froid L'été il fait moins chaud
Je viendrai quand je veux Quelle que sois la saison Ta maison si je veux
Ce sera ma maison |
Esméralda pénètre pour la première fois dans Notre-Dame. Frollo observe Esméralda du haut du jubé.
Ave Maria païen
Esméralda :
Ave Maria
Pardonne-moi
Si devant toi
Je me tiens debout
Ave Maria
Moi qui ne sais pas me mettre à genoux
Ave Maria
Protège-moi
De la misère, du mal et des fous
Qui règnent sur la terre
Ave Maria
Des étrangers il en vient de partout
Ave Maria
Ecoute-moi
Fais tomber les barrières entre nous
Qui sommes tous des frères
Ave Maria
Veille sur mes jours et sue mes nuits
Ave Maria
Protège-moi
Veille sur mon amour et ma vie
Ave Maria
Je sens ma vie qui bascule
Frollo :
Je sens ma vie qui bascule
Vers une terre inconnue
Je vois la foule qui recule
Quand je marche dans la rue
Je suis un homme mis à nu
Un homme mis à nu
Tu vas me détruire
Frollo :
Cet océan de passion
Qui déferle dans mes veines
Qui cause ma déraison
Ma déroute, ma déveine
Doucement j'y plongerai
Sans qu'une main me retienne
Lentement je m'y noierai
Sans qu'un remords ne me vienne
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Et je vais te maudire
jusqu'à la fin de ma vie
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
J'aurais pu le prédire
Dès le premier jour
Dès la première nuit
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Mon péché, mon obsession
Désir fou qui me tourmente
Qui me tourne en dérision
Qui me déchire et me hante
Petite marchande d'illusion
Je ne vis que dans l'attente
De voir voler ton, jupon
Et que tu danses et tu chantes
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Et je vais te maudire
Jusqu'à la fin de ma vie
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
J'aurai pu le prédire
Dès le premier jour
Dès la première nuit
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Moi qui me croyais l'hiver
Me voici un arbre vert
Moi qui me croyais de fer
Contre le feu de la chair
Je m'enflamme et me consume
Pour les yeux d'une étrangère
Qui ont bien plus de mystère
Que la lumière de la lune
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Et je vais te maudire
Jusqu'à la fin de ma vie
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
J'aurais pu le prédire
Dès le premier jour
Dès la première nuit
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
Tu vas me détruire
7e tableau
L'Ombre
Phœebus :
Qui est ce homme
est-ce mon ombre qui me suit
Ou un fantôme dans la nuit
Pourquoi mon ombre
Porterais-elle donc un manteau
Porterait-elle donc un chapeau
Qui êtes-vous ?
Démasquez-vous !
Approchez-vous !
Présentez-vous !
Frollo :
Je suis ta conscience
Ecoute-moi
Si tu ne veux pas
Finir sur la potence
Soldat du Roi
Eloigne-toi
De cet endroit
Où tout droit te mènent tes pas
Phœebus :
Soldat du Roi je suis
Mais dites-moi
Vous qui m'avez suivi
Jusqu'ici
N'êtes vous pas homme de Dieu
Pardieu !
Le Val d'Amour
Gringoire, les filles et les clients :
En haut de la rue St-Denis
Il existe un endroit béni
Dont on voit briller les bougies
Dès que vient la tombée du jour
Là-bas au milieu de la plaine
Il suffit qu'un jour on y vienne
Pour que toujours on y revienne
Au cabaret du Val d'Amour
Au Val d'Amour
Les femmes d'amour
Vous font l'amour
Pour quelques sous
Pas besoin d'or
Ou de bijoux
Pas de discours
Ni de mots doux
Que quelques sous
Pour faire l'amour
Aux femmes d'amour
Du Val d'Amour
Les Andalous, les Juifs, les Maures
Vienn'de partout de tous les ports
les voyageurs et les marchands
Vienn's'y reposer en passant
Les Catalan et les Flamands
Vont y flamber tout leur argent
Femmes d'amour qui m'écoutez
C'est le discours d'un troubadour
Qui vient pleurer son mal d'amour
Au cabaret du Val d'Amour
Battez tambour
Aux alentours
Que l'on accoure
Au Val d'Amour
Pas de danger
Qu'on s'enamoure
Sous les atours
Du Val d'Amour
Vous trouverez
Sous le velours
Fleurs d'une nuit
Bonheur d'un jour
Arrivée de Phœebus.
Phœebus :
Quand j'ai le corps en mal d'amour
Sitôt j'accours au Val d'Amour
On n'en ressort qu'au petit jour
Du cabaret du Val d'Amour
Mesdemoiselles excusez-moi
J'attends la belle Esméralda
Elle a cru lire son destin
Entre les lignes de ma main
Gringoire :
Porte du Nord
Sur les Faubourgs
Au carrefour
De Popincourt
Tous les voyous
Tous les filous
Ont rendez-vous
Au Val d'Amour
Les gens de Cour
S'y déshonorent
On les voit saouls
Et ivres morts
Au Val d'Amour
Les femmes d'amour
Vous font l'amour
Pour quelques sous
Pas besoin d'or
Ou de bijoux
Pas de discours
Ni de mots doux
Que quelques sous
Pour faire l'amour
Aux femmes d'amour
Du Val d'Amour
Au cabaret du Val d'Amour
Au cabaret du Val d'Amour
La Volupté
Phœebus et Esméralda sont dans une chambre. Frollo guette par la fenêtre
Phœebus :
La volupté
A moi la volupté
de ce corps non encore souillé
A moi toute la volupté
Personne d'autre que moi
ne mettre les mains sur toi
Ange noir de ma vie
Je t'aimerai
Au plus secret des nuits
D'un seul regard
Tu as mis le feu à ma vie
Esméralda :
Nos deux couleurs de peau
Comme
En un seul flambeau
Je veux t'aimer
T'aimer au risque de ma vie
Prends-moi
Prends-moi si c'est ma destinée
Phœebus :
Esméralda
Voyons si c'est ta destinée
Esméralda :
Phœebus
Phœebus :
Esméralda
Frollo, qui a ramassé le couteau d'Esméralda, frappe Phœebus dans le dos et s'enfuit. Esméralda s'évanouit sur le corps de Phœebus.
Fatalité
Gringoire :
Fatalité
Maîtresse de nos destins
Fatalité
Quand tu croises nos chemins
Fatalité
Qu'on soit prince ou moins que rien
Fatalité
Qu'on soit reine ou bien putain
Fatalité
Tu tiens nos vies dans ta main
Tous :
Fatalité !
Fatalité !
Fatalité !
Fatalité !